Boîtes de pellicules, cibles de tir, cartes postales de brocante... Depuis que j'ai découvert le cyanotype, plus rien n'est en sécurité. Suite des expérimentations, avec quelques trouvailles inattendues.

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Dans le premier article, j’évoquais la possibilité d’explorer d’autres formats et d’autres supports alternatifs. Depuis, les choses ont un peu dégénéré.
Boîtes de pellicules, cibles de tir à la carabine, format A4, cartes postales et prospectus anciens… Le cyanotype, c’est un peu comme le GAS : on commence prudemment, et puis on ne sait plus très bien où s’arrêter.

Le passage au format A4

Le passage au format A4, c’est surtout un gain en qualité et en détail : les images gagnent en présence, en finesse, et les sujets complexes comme les portraits ou les détails mécaniques prennent une toute autre dimension. J’ai aussi changé de papier, passant au Canson Aquarelle A4, et peut-être un peu affiné la méthode au fil des essais (préparation des transparents dans Photoshop, temps d’insolation). Enfin je trouve. La plaque de plexiglas, déjà au format A4, facilite le plaquage du transparent sur toute la surface.

Un jour, le A3. Mais ça impliquera un changement de matériel, à commencer par le plexiglas. Pas pour tout de suite.

La double exposition de Jeanne, c’est deux poses sur la même image, à la prise de vue. Un effet cherché, pour créer cette impression de visage dédoublé, presque fantomatique. Et que le cyanotype renforce bien.
Quant à la Cadillac, prise au Nikon F3 HP sur la côte atlantique, c’est aussi une bonne surprise : le bleu de Prusse révèle chaque détail du chrome avec une précision à laquelle je ne m’attendais pas forcément.

Les boîtes de pellicules, un support alternatif inattendu

C’est l’idée qui m’a le plus occupé ces derniers jours. Le principe : utiliser la boîte d’une pellicule comme support du cyanotype réalisé avec cette même pellicule. La boîte qui contenait le film devient le tirage. C’est cohérent, une sorte de mise en abyme assez amusante.

En pratique, c’est un peu plus compliqué. Les boîtes ne correspondent pas toujours aux pellicules utilisées pour les photos (encore faut-il avoir une boîte, certains films s’achètent sans emballage). Il faut garder les boîtes au moment du développement, noter quelle pellicule a servi pour quelles images.
Si le concept est là, l’organisation doit encore suivre.

Deux boîtes, deux voyages, deux pellicules. Ce sont les deux premiers tests du concept, et le résultat est encourageant. Pour chacune, j’ai anticipé la forme de la boîte dépliée lors de la préparation du transparent dans Photoshop : les photos sont composées et positionnées pour s’adapter aux différentes faces du carton. Ce n’est pas une superposition de plusieurs transparents, mais un seul transparent pensé pour la boîte.

Une des difficultés à laquelle j’ai été confronté : déplier la boîte sans l’abîmer. Ce sont surtout les points de colle qui compliquent l’opération, il faut y aller doucement pour ne pas arracher le carton.

La boîte Ilford Delta 3200 contient des photos de mon voyage à Java en mai 2025. Le texte des consignes de développement, imprimé côté intérieur, transparaît sous les images. Une couche de plus à la mise en abyme. Sympa.

Le résultat a un caractère que le papier aquarelle n’a pas : plus brut, plus accidenté, avec les plis et les angles qui font partie du tirage. C’est ce qui me plaît dans cette démarche : utiliser des supports qui ne sont pas prévus pour ça, et voir ce qui se passe. Surprendre, et parfois être surpris.

Les cibles de tir

Et puis il y a les cibles. Une cible de tir à la carabine, c’est du papier cellulosique. Donc ça fonctionne. Avec une contrainte intéressante : j’ai enduit uniquement les surfaces non rouges, ce qui délimite naturellement la zone d’image. Le rouge de la cible et le bleu de Prusse créent un contraste assez sympa. Et le format circulaire impose une composition qu’on n’aurait pas choisie autrement.

Les trouvailles de brocante

Et puis il y a eu un dimanche de brocante. Vieilles cartes postales, prospectus anciens, carte routière Michelin… autant de supports qui n’attendaient qu’un pinceau et quelques gouttes d’émulsion.

Le papier ancien a une qualité que le papier aquarelle n’a pas toujours : il a vécu. Il porte des traces, de l’écriture, des cachets, des timbres. Le cyanotype s’y pose par-dessus, et les deux couches de temps coexistent. C’est ce qui rend ces objets particulièrement intéressants.

Deux cartes postales chinées en brocante. La Baule, 1957 : quelqu’un écrit à Nantes pour parler des vacances. Je glisse par-dessus le cyanotype d’une amie sur cette même plage, soixante-dix ans après. Nantes, 1952 : les cerisiers du premier article sur un dos couvert de mots qu’on devine sans tout déchiffrer. Ces gens ne se doutaient certainement pas qu’un jour quelqu’un ferait ça avec leur carte postale.

Chocolaterie Berthelot, Nantes, fondée en 1823. Le prospectus est intact, le texte publicitaire lisible jusqu’au prix du chocolat surfin vanille. La grue Titan, prise au Hasselblad, vient y prendre place. Deux symboles nantais, un siècle d’écart.

La carte Michelin Brest-Quimper date de l’époque où les cartes routières s’achetaient chez le garagiste. Papier non couché, légende imprimée en rouge, noir, jaune et orange sur la couverture intérieure. Le phare de la Cadillac, pris au Nikon F3 HP près de Tharon-Plage, s’y superpose. Le résultat est plus coloré qu’attendu.

Bilan

Le cyanotype, c’est un procédé qui invite à regarder différemment tout ce qui traîne autour de soi. Une boîte de pellicule, une cible de tir, une vieille carte postale chinée un dimanche matin… tout devient un support potentiel.

Le projet « boîte / pellicule » mérite d’être poussé jusqu’au bout : garder les boîtes, noter les films, construire une vraie cohérence entre le contenant et le contenu. Et les brocantes sont désormais une source d’inspiration à part entière. D’autres idées de supports sont déjà dans les tuyaux. À suivre.

Stay blue. 💙

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