L’Olympus Mju II est devenu l’un des compacts argentiques les plus recherchés du marché. On le voit partout, sur les forums, sur Instagram, chez les revendeurs spécialisés. On parle de son objectif lumineux, de sa compacité, de son “rendu”. On parle aussi de ses prix qui ont doucement dérivé vers des sommets inattendus pour un appareil qui, à l’origine, était un simple compact grand public.
Je suis tombé sur cet exemplaire en très bon état, en version silver (il existait aussi en version noire). Autant dire que la tentation était trop forte. Mais une fois l’excitation passée, la question reste entière : est-ce que le Mju II mérite vraiment sa réputation ?
Histoire et héritage
L’Olympus Mju II, également connu sous le nom de Stylus Epic sur certains marchés (aux USA notamment), est lancé en 1997. Il succède au Mju I dans une période charnière pour la photographie argentique. À la fin des années 90, le compact 24×36 est à son apogée technologique. Les automatismes sont fiables, l’autofocus est rapide, les expositions sont maîtrisées. Le numérique n’a pas encore balayé le marché argentique grand public.

Le Mju II n’a jamais été un appareil professionnel ni un objet luxueux. Il était conçu pour un public exigeant qui voulait de belles photos sans réglages compliqués. Avec le recul, il est devenu l’un des compacts les plus recherchés du marché de l’occasion. Sa compacité, son objectif lumineux et sa simplicité ont largement contribué à sa réputation.
Présentation
Le boîtier est utra compact, 108 mm de large pour 59 mm de haut et 35 mm d’épaisseur. Il tient réellement dans une poche de veste. Son poids d’environ 135 grammes le rend presque invisible au quotidien.

La coque coulissante est l’un de ses points forts. Elle protège l’objectif et sert d’interrupteur. On la fait glisser, l’appareil s’allume, l’objectif sort, le flash se prépare. Le geste est simple, presque instinctif.







Le boîtier est annoncé comme résistant aux éclaboussures. Il ne s’agit évidemment pas d’un appareil étanche, mais il peut supporter une pluie fine ou une utilisation extérieure normale. Sur un exemplaire de plus de vingt-cinq ans, l’état des joints et des mousses reste déterminant et donc à vérifier.
Caractéristiques techniques détaillées
Le Mju II est un compact 24×36 entièrement automatique, mais sa fiche technique explique en partie sa réputation.
- Objectif : Zuiko 35 mm f/2.8, formule optique 4 éléments en 4 groupes.
Cette focale polyvalente permet de photographier en rue, en voyage, en intérieur, sans être trop large ni trop serré. L’ouverture f/2.8 est lumineuse pour un compact. - Plage d’ouverture : environ f/2.8 à f/11.
- Vitesses d’obturation : de 4 secondes à 1/1000 s selon les conditions.
- Mise au point : autofocus actif multi-faisceaux avec verrouillage au demi-appui.
- Distance minimale de mise au point : 0,35 m. Ce point est important, car il permet des prises de vue rapprochées assez confortables.
- Mesure de lumière : mesure automatique intégrée avec gestion programmée de l’exposition.
- Sensibilité ISO : lecture automatique via code DX, généralement de 50 à 3200 ISO. Il n’y a pas de réglage manuel de l’ISO. L’appareil lit la pellicule et adapte l’exposition en conséquence.
- Flash intégré avec plusieurs modes : automatique, anti-yeux rouges, fill-in, flash désactivé, mode nuit. Le flash est puissant pour la taille de l’appareil et joue un rôle central dans son comportement.
- Alimentation : une pile lithium CR123A.
Sur le papier, rien d’extraordinaire. Mais l’ensemble est particulièrement cohérent et bien calibré pour un usage quotidien.
À l’usage
J’ai emporté le Mju II lors d’un court déplacement professionnel à Bruxelles, chargé d’une Kodak Ultramax 400. Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de l’utiliser, seulement en fin de journée ou le matin de bonne heure. Mais finalement, c’était un bon moyen de se rendre compte de la rapidité avec laquelle on se familiarise avec l’appareil. On coulisse la coque, on cadre, on déclenche. L’appareil gère l’exposition et la mise au point. Le plus souvent, les images sont cohérentes, et son utilisation est vraiment d’une simplicité déconcertante.

Le 35 mm est particulièrement polyvalent. En ville, il permet de raconter une scène sans trop isoler le sujet. En intérieur, l’ouverture f/2.8 aide, mais il faut accepter que l’appareil reste « prudent », et a tendance à privilégier le flash pour garantir une image nette dès que la lumière baisse.
L’autofocus est globalement rapide et précis pour un appareil de cette génération. Le demi-appui permet de verrouiller la mise au point puis de recomposer. La distance minimale de 0,35 m est un vrai atout. On peut photographier un détail sur une table, un portrait rapproché ou un objet sans frustration. En revanche, en basse lumière ou sur un sujet peu contrasté, l’autofocus peut hésiter. Il faut apprendre à l’utiliser correctement, notamment en prenant le réflexe du verrouillage du sujet.


L’exposition est généralement juste. En plein soleil, l’appareil ferme correctement et protège les hautes lumières. En intérieur, il peut descendre à des vitesses relativement lentes. Cela implique parfois un léger flou de bougé si l’on n’est pas stable. Il faut donc le tenir fermement, anticiper, accepter que tout ne soit pas chirurgical.


Le flash est probablement l’élément le plus déterminant dans l’expérience utilisateur. En mode automatique, il se déclenche assez (voire très) facilement. C’est cohérent avec sa philosophie grand public : mieux vaut une photo un peu plate qu’une photo floue. Il est possible de le désactiver, mais il faut rester vigilant, car dès qu’on referme l’appareil, il faudra bien penser à le désactiver à nouveau. Cela demande une petite discipline, un peu pénible.
Le viseur est clair mais reste celui d’un compact. Le cadrage n’est pas d’une précision millimétrique et la parallaxe à courte distance impose de cadrer légèrement plus large.

Ce qui frappe le plus à l’usage, c’est la liberté qu’il procure. Il ne monopolise pas l’attention. Il permet de photographier sans se mettre en posture de photographe. On déclenche plus spontanément. On hésite moins. On documente davantage.
Pourquoi choisir un Olympus Mju II aujourd’hui ?
Pour sa compacité réelle.
Pour son 35 mm f/2.8 polyvalent.
Pour sa simplicité totale.
Pour avoir toujours un appareil argentique sur soi.


Il constitue également une excellente porte d’entrée vers l’argentique pour quelqu’un qui ne souhaite pas gérer l’exposition manuellement.
Attention avant d’acheter
Le Mju II est un appareil électronique. Et contrairement à un boîtier mécanique, il est (très) difficilement réparable.
Points à vérifier impérativement :
- état du flash
- bon fonctionnement de l’autofocus
- fluidité de la coque coulissante
- lisibilité de l’écran LCD
- propreté de l’objectif et des fenêtres AF / mesure
- état général des joints
Les prix ont fortement augmenté ces dernières années, pour atteindre les 300 € environ pour un exemplaire en très bon état. Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit à l’origine d’un appareil grand public. Son intérêt dépend donc largement de son état.


Alors, mérite-t-il sa réputation ?
Oui, en grande partie.
L’Olympus Mju II est un excellent compact argentique. Il est cohérent, simple, bien conçu, et son objectif est efficace. Il permet de produire des images propres, sans se perdre dans les réglages.
Sa réputation tient donc plutôt à un équilibre. Un bon objectif, un autofocus fiable, une exposition globalement juste, le tout dans un boîtier minuscule. Rien de spectaculaire, mais aucune vraie lacune non plus.
Le Mju II n’est pas un appareil qui fait rêver. mais c’est un appareil fiable, efficace, et tellement compact qu’on peut toujours l’avoir avec soi.


