Il y a des matins où l’on part sans idée particulière, simplement pour terminer une pellicule avant qu’elle ne reste oubliée dans l’appareil. Cette fois, c’était ma première Rollei Retro 400S.
J’avais glissé mon Nikon F3 HP dans le sac, monté mon Micro-Nikkor 55mm f/2.8 (un objectif que j’utilise très souvent parce qu’il sait tout faire) et je suis parti me promener. Le parcours du jour n’avait rien de prévu : un détour par les tribunes du Stade nantais, puis un passage au Jardin des Plantes.
Pas de projet, juste une balade du matin.

La pellicule Rollei Retro 400S: une découverte
Je n’avais encore jamais testé la Rollei Retro 400S. On la décrit souvent comme contrastée, dense et un peu exigeante. En réalité, je l’ai trouvée assez agréable : elle marque bien les matières, elle réagit vite et elle impose un rendu assez franc sans être incontrôlable.

On comprend en quelques vues ce qu’elle aime : la lumière directe, les surfaces brillantes, les formes répétitives. Ce n’est pas une pellicule douce, mais elle donne de la personnalité aux scènes ordinaires, ce qui est plutôt plaisant pour une première utilisation.
Le Micro-Nikkor 55mm f/2.8 : un compagnon fiable
Je reviens souvent vers cet objectif.
À l’origine, c’est un objectif macro, mais en pratique il sert un peu à tout : détails, textures, plans rapprochés, petites scènes du quotidien. Il est précis sans être sec, polyvalent sans être fade. Et surtout, il permet de photographier sans se demander si l’on a monté la bonne focale. Ce matin-là, il est passé des sièges métalliques aux plantes humides sans aucune difficulté.


Entre tribunes du Stade Nantais et Jardin des Plantes
Les tribunes du stade offraient des lignes et des ombres très nettes, presque graphiques. La Rollei 400S a tout de suite accentué ce côté géométrique.


Au Jardin des Plantes, ambiance totalement différente : humidité, condensation sur les vitres, feuilles perlées, écorces sombres. Le Micro-Nikkor suit sans réfléchir, et c’est ce qui le rend si agréable.
La Retro 400S, ça donne quoi ?
Je ne vais pas en faire l’éloge, simplement dire que pour une pellicule que je découvrais, je l’ai trouvée contrastée, lisible et assez cohérente quel que soit le sujet. Elle a un rendu un peu dur, mais qui fonctionne bien quand on aime travailler avec les matières et les répétitions.


Quelques éléments à savoir : la sous-exposition ne lui réussit pas vraiment, les hautes lumières peuvent saturer vite et, en lumière très diffuse, elle peut paraître un peu plate. Rien de rédhibitoire, mais c’est utile de le garder en tête.


Je ne pensais pas spécialement faire un article avec cette pellicule, mais en regardant les photos, j’ai trouvé une certaine cohérence : des formes, des matières, un peu d’humidité et un passage vers quelque chose de plus flou. Pas un projet, juste une petite série du matin.

Pour une première fois avec la Rollei Retro 400S, c’était finalement une bonne surprise, et je pense que je la rechargerai un de ces jours.


